Qu’est ce que la loi Goodhart ?
La loi de Goodhart ou effet Cobra, c’est que lorsque la mesure devient la finalité, les gens vont avoir tendance à perdre de vue le sens et à manipuler les chiffres pour satisfaire les instances de contrôle. On parle aussi d’effet cobra en référence à une anecdote en Inde coloniale, où une prime était offerte pour chaque cobra tué. Pour profiter de la récompense, des habitants se mirent à élever des cobras… ce qui aggrava le problème. C’est une illustration de l’effet Goodhart : une mesure mal pensée pervertit l’objectif initial.
Et les évaluations nationales ?
Je m’interrogeais sur cette question, j’ai donc demandé à Chat GPT de m’éclairer, voici sa réponse :
Chat GPT :
Tu soulèves une question à la fois pertinente et très actuelle. L’effet Goodhart, formulé par l’économiste Charles Goodhart, stipule que « lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure ». Appliqué aux évaluations nationales, cela soulève en effet plusieurs enjeux pédagogiques, éthiques et politiques.
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🧠 Analyse de ta question à la lumière de l’effet Goodhart :
Lorsque l’État met en place des évaluations standardisées (comme les évaluations CP, CE1, ou 6e), l’intention affichée est souvent de :
mieux suivre les progrès des élèves,
identifier les inégalités,
piloter les politiques éducatives,
« aider les enseignants à mieux adapter leur pédagogie » (discours officiel).
Mais si ces évaluations deviennent des objectifs en soi, on court plusieurs risques directement liés à l’effet Goodhart :
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⚠️ Risque 1 : Réduction du curriculum (teaching to the test)
Les enseignants, sous pression institutionnelle ou administrative, peuvent être tentés de :
concentrer leur enseignement sur les compétences évaluées,
délaisser d’autres dimensions fondamentales mais non testées : curiosité, coopération, expression orale, créativité, etc.
➡️ Cela réduit la richesse des apprentissages. Ce qu’on mesure finit par être ce qu’on enseigne, au détriment de ce qui est réellement important dans l’éducation globale d’un enfant.
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⚠️ Risque 2 : Déformation des pratiques pédagogiques
Si les résultats deviennent des indicateurs de performance pour les écoles, circonscriptions ou rectorats :
des pratiques d’entraînement aux épreuves peuvent apparaître (exercices-type, bachotage dès le CP),
la différenciation pédagogique peut être mise en veille si elle ne « paie pas » rapidement en résultats.
➡️ On privilégie alors l’efficacité à court terme, au détriment de la construction durable des savoirs.
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⚠️ Risque 3 : Inégalités renforcées sous couvert d’objectivité
Les évaluations standardisées, même bien intentionnées, peuvent produire un biais social :
Les écoles ou familles disposant d’un capital culturel élevé savent mieux « lire » les attendus des épreuves,
Tandis que d’autres sont pénalisées pour des raisons qui relèvent plus du contexte social que des compétences de l’enfant.
➡️ L’usage politique des résultats (classements, discours de « remédiation ») peut alors renforcer la stigmatisation de certains territoires ou établissements.
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✅ Peut-on éviter l’effet Goodhart dans ce contexte ?
Oui, à condition que les évaluations restent des outils, pas des objectifs.
Voici quelques conditions pour cela :
1. Rappeler leur finalité formative, en les intégrant dans une logique de diagnostic partagé avec les enseignants.
2. Ne pas en faire des instruments de pilotage hiérarchique descendants.
3. Associer les enseignants à la conception, l’analyse et l’interprétation des résultats.
4. Valoriser des indicateurs plus larges de réussite : engagement des élèves, climat scolaire, progression individuelle…
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Tu as tout à fait raison : les évaluations nationales, si elles deviennent l’objectif du système plutôt qu’un outil de compréhension, peuvent entrer en plein dans l’effet Goodhart. Ce risque n’est pas théorique : il est documenté dans plusieurs systèmes éducatifs (États-Unis avec les tests No Child Left Behind, par exemple).
Conclusion :
Le risque n’est-il pas que ces évaluations servent davantage une logique de contrôle qu’à un accompagnement pédagogique promis ?
La vigilance pédagogique, l’autonomie des enseignants et une culture de l’évaluation plus humaniste sont des leviers essentiels pour résister à cette dérive.

